Mes doigts glissent sur le plastique noir de mon clavier parsemé de quelques miettes de gâteaux effrités un soir de fringale nocturne , frottent les pâles impressions blanches à demi effacées par un t'chat intensif sur msn. J'active, je vais vite , je ne me relis pas, j'écris façon texto, je fait fautes sur fautes, j'accumule ... Un
"i" ce glisse ici, un
"l" ce glisse là, même parfois il m'arrive de voir des
"x" ce faufilés entre deux mots ...
Bordel ... Syntaxe ! Et hop une phrase de faite. Ca c'est fait ...
Mais foutre dieu ! Qu'es ce que je fou a 2 h du mat à taper un texte devant une émission de musique où une de ces bombes afro-américaines hurle à la mort accompagné par une musique linéaire surboostée d'effets
"spéciaux" lourds et
gras. Je m'arrête quelques instants... mes yeux dévisagent méticuleusement le corps de cette déesse noire, réaction typiquement masculine, mais je me garde bien du commentaire :
"Putain ! Elle est bonne ! ". Après un arrêt de mon esprit pour toute chose constructive, je me remet a pianoté, "
tic", "
tac", "
toc" ... le son rapide et sec des touches enfoncées rythmes les musiques qui se suivent et se ressembles ....
Motherfucker !!! Connerie, je doit tout retaper ... fait chier ... Faisant une erreur de touche je supprime les premières lignes .... Je me lève furieux, je regarde mon Asus avec une rage non dissimulée :
Connard ! Putain de bordel de chiotte ...
Stop ! Je m'arrête ! Je suis dans un instant de flottement, un calme qui précède une bataille, genre un repas de famille où le fils annonce son homosexualité a son père conservateur votant
Le Pen aux présidentielle de 2000 ... Une introduction douce d'une gratte démarre ... Incroyable du jazz ... ils passent du jazz ... je suis sur le cul ...
Putain !! C'est vrai quoi ! Qu'es ce qui amène soudain une chaine de musique ultra commerciale ne passant que des titres dans le top 20 des ventes a passé du jazz ?? Bon d'accord sa reste du jazz connu, c'est du Ray. Mais Bordel ! Qu'es ce qui se passe ? Un des programmeurs c'est dit : "Fuck the world ! Moi j'passe mon kiff ! " , une rechute d'un mec qui veux bouffer un hamburger bien gras avec un méga verre d'alcool, qui fume comme un trou, baise sans capotes, qui veux mater son playboy à poils dans son transat avec un hot dog dans sa main et une margarita dans l'autre, qui affirme haut et fort : "Ouais j'kiff le jazz ! Et alors ? T'a un problème sale con ?" Tout ça dans une société hyper protectrice et étroite d'esprit : "manger moins", "pas fumer", "pas baiser sans capote", "le frique et le taf", ça me rappelle soudain le discours de ma prof de RA qu'elle nous lançait tel un sermon moralisateur pour "notre" futur, une espèce de folle du taf qui me fatigue rien qu'en ouvrant sa bouche pour déglutir sa saloperie de servitude mentale et physique : "travailler"
MAIS TA GUEULE BORDEL !!!
Laisse moi
kiffer le jazz ! Ouai laisse moi
kiffer le rock, laisse moi
kiffer mes potes, Alex, roubidou, benji, médé, vico, doudou... , laisse moi
kiffer les meufs, ma copine ... laisse moi
kiffer la vie, laisse moi
kiffer l'art, le cinéma ... laisse moi
kiffer la bouffe, l'alcool, le tabac, le sexe a outrance ... laisse moi
kiffer faire des connerie, laisse moi
kiffer les noirs, les arabes, les juifs ... laisse moi
kiffer le sport, laisse moi
kiffer le fait d'être fatigué de rien foutre ... laisse moi
kiffer les jeux vidéo, laisse moi
kiffer de me battre, laisse moi
kiffer le fait de penser, réfléchir plus ce qu'on me demande, laisse moi
kiffer quand j'apprends, quand je dessine ... laisse moi
kiffer employer le mot "
kiff" ... Laisse moi
kiffer la philo, Voltaire, la littérature, Laisse moi
kiffer Paris, les Usa, laisse moi
kiffer Sorciere, Fils, mes Frères de c½urs, laisse moi kiffer ma famille ... laisse moi vivre.
Kiffer : Proviens de l'arabe "kif : La drogue" : et par extension : quelque chose qui procure du plaisir .
Mes yeux me brûle, mes fesses sont engourdies due a une position peu confortable, mes doigts s'agitent encore quelques moments, finissant de sortir le dedans de ma tête, je me relis rapidement, corrigeant quelques fautes, mais laissant mots et phrases
estropiés par une grammaire peu académique... bref, je finirais ce prélude à ce foutu blog, avec une petite pensée qui va vers mon prof de philo courageux de faire cours à des branleurs comme nous et cela avec le sourir; en citant
Nietzsche :
" La vie ne mérite d'être vécu qu'en phénomène esthétique "